La comm’ qui agace…Ou pas

La semaine dernière, alors que le microcosme d’Iavoloha célèbre le nouvel an, laissant l’opinion publique mitigée quant à l’utilité d’un tel faste, à l’autre bout du monde, c’est un autre évènement qui retient l’attention. Les Obama font leurs adieux à la Maison Blanche, clôturant huit années qui auront révolutionné à un niveau mondial l’image d’un couple présidentiel. Si la politique de l’administration Obama n’aura pas toujours fait l’unanimité parmi la population américaine comme outre Atlantique, reconnaissons à ce président américain d’avoir changé notre perception commune d’un homme d’influence et de pouvoir.

Michelle Obama lors de son dernier discours, le 06 janvier 2017 http://bit.ly/2iRRlP7
Michelle Obama lors de son dernier discours, le 06 janvier 2017
http://bit.ly/2iRRlP7

C’est une affaire de communication, sans nul doute. C’est minutieusement préparé, à l’évidence. Et le couple a, indubitablement, un talent indéniable des relations humaines. Mais le résultat donne une envie de les écouter, de les suivre, de vouloir au moins comprendre le sens de leurs actes et de leurs choix. Mieux encore, ils donnent des exemples faciles à reproduire, à agrandir, à partager. Ils brisent sans trop de difficultés les barrières de distances, en étant des personnes ordinaires ayant des responsabilités extraordinaires. Se rapprocher des jeunes, des étudiants, des enfants, des groupes vulnérables, des femmes, des ouvriers, des retraités, des malades, sans verser dans la sempiternelle et finalement peu efficace démarche caritative, ponctuelle et légèrement m’as-tu bien-bien-bien vu, que nos politiciens adorent afficher pour se faire voir. Non, venir avec des projets et des idées qui rassemblent, des mots qui fédèrent et une certaine pointe d’humour qui brise la glace : une bonne communication au service d’un peu d’imagination et une organisation solide. A cela s’ajoute un détail qui tue : le discours bien travaillé. Pointu sans être corrosif, drôle sans trivialités, ferme sans arrogance. Et sans plagiat.
Voilà un modèle qu’on espère bien voir s’appliquer sur nos terres, si peu habituées ces dernières années à l’idée d’une proximité aussi authentique. Non pas que les personnalités malgaches du pouvoir n’attirent pas la foule, mais de tous temps, on se souvient toujours de ses mobilisations d’écoliers, de lycéens, d’associations et de petits groupements dès lors qu’une visite officielle se profile. Ce n’est pas vraiment l’idée, c’est même tout le contraire. Ce n’est pas bousculer les agendas quotidiens de chacun pour avoir de l’audience à un kabary officiel devant une foule qui transpire sous le soleil, mais s’insérer adroitement et subtilement dans le quotidien avec des projets qui parlent à tous, des initiatives fédératrices.
Vu d’un pays précaire comme Madagascar, le modèle de communication des Obama rassure le citoyen lambda, inspire au moins la confiance et en tout cas, la sympathie, même si leur politique ne plait pas toujours. Une confiance que l’on retrouve en pointillés actuellement à Madagascar, eut-égard aux derniers mois pénibles, qu’un effort de mise en confiance aurait pu adoucir. Au contraire, la situation est telle que le moindre paragraphe du discours présidentiel au banquet du nouvel an semble inspirer l’agacement des uns et le rire creux des autres, le moindre détail de la posture du couple présidentiel – et même les plus anodins et les plus inoffensifs – devient un sujet à polémiquer. Et bien sûr, les grands dossiers chauds restent là, des brulots prêts à exploser, sans que l’on ne sache plus où donner de la tête. Et rien pour calmer le jeu, pas même l’ombre d’une petite initiative rassurante.
A des milliers de kilomètres de là, Flotus prend la parole pour dire ses adieux à ses collaborateurs. Et encore une fois, on se dit : quelqu’un aurait eu l’idée de prononcer ces seuls mots d’encouragement et de réconforts, on aurait moins de mal à avaler la pilule de nos échecs. Mais évidemment, on a bien compris que pour pouvoir tenir de tels propos, il aurait fallu en amont avoir œuvré pour les mériter.

mail

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *