Pas de pilote… à la présidence?

Par Zarateny.  Un hélicoptère dépêché pour sécuriser les opérations de protection des zones gangrenées d’actes de banditisme se retrouve cloué au sol, sans pilote. L’Express de Madagascar rapporte : «  le pilote de cette libellule de fer (…) est aujourd’hui à la retraite. (..) Le salaire d’un pilote ayant les compétences requises pour mener de pareilles opérations, serait hors de prix »

Caricature de Wake Up Madagascar dénonçant l'innefficacité du régime
Le président qui donne l’impression de ne plus être le pilote de la nation. Caricature de Wake Up Madagascar

A combien s’élève le salaire d’un pilote capable de quadriller de ses pales d’hélices toute une zone rouge ? D’ailleurs, quel que soit ce chiffre, chaque jour de sol de cet engin nous coûte, en biens et en vies, en quiétude et en sérénité. Comme si la précarité n’était pas déjà une pleine coupe d’amertume, fallait-il la goutte de trop.

Evidemment que l’Etat le comprend. Cet Etat qui dispose d’une armée de hauts gradés et d’une force de dissuasion à l’affût du moindre citoyen atrabilaire, mais qui n’a pas de pilote. Cet Etat très préoccupé à défendre ses forts, traqué par l’hypnose d’une tentative de coup d’Etat, mais qui n’a pas de pilote. Ainsi, restent livrées à elles-mêmes, les populations d’Atsimo Andrefana – pour ne parler que d’elles, enclavées dans leurs villages éloignés, à la merci des bandits. « Neuf cent trois zébus, sont tombés entre  les mains d’une centaine de bandits de grand-chemin. Trois hommes en treillis, brandissant chacun un Kalac­hnikov, étaient à la tête de cette armée de dahalo. La valeur du bétail dérobé s’élève à près de six cents millions d’ariary », résume l’Express de Madagascar. Et pas de pilote pour faire voler cet hélicoptère qui serait d’une aide capitale pour pourchasser les malfaiteurs et sécuriser les paysans.

 

Evidemment, dire que rien ne marche serait exagéré. Le même hélicoptère aujourd’hui cloué au sol a pris son envol pour sécuriser la visite du SG de l’ONU, Ban Ki Moon, les 10 et 11 mai. Preuve que le mécanisme fonctionne, en temps et circonstances voulus. La sécurité des Malgaches des localités éloignées ne fait pas partie de circonstances voulues, ni aujourd’hui, ni hier. Et bien qu’ils soient majoritaires, il semble toujours exister une explication à leur situation : les erreurs passées, évidemment. Le manque de budget, assurément. L’insuffisance de personnels capables, sans doute.  La désorganisation, effectivement. Ou bien, tout bêtement, sont-ils trop éloignés d’Ambohitsorohitra, ces Andranolava, ces Ankozoabo, ces Angodongodona, ces Ebona… Trop éloignés, et donc invisibles. Trop peu de poids, et donc, négligeables.

Express de Madagascar, 20.05.2016 http://bit.ly/1TvtFO4
Express de Madagascar, 20.05.2016
http://bit.ly/1TvtFO4

Pas de pilote, comme pas d’instituteurs et pas d’écoles. Pas de pilote, comme pas d’emplois et pas de protection sociale. Pas de pilote, comme pas de dispensaires et pas de soins médicaux. Pas de pilote, comme pas d’électricité et pas d’eau potable. Pas de pilote, comme pas vraiment de volonté de voir les grandes affaires fumeuses être réglées. Et l’Etat s’inquiète de crever dans un putsch. Alors, pas de pilote ou pas de présidence ? Juste une question, comme ça, en attendant de décoller.

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2 comments on “Pas de pilote… à la présidence?

  1. Je suis aussi scandalisée. D’abord parce que la sécurité de la population doit être une priorité, quitte à réduire les trains de vie des élus et les voyages présidentiels etc, mais trouver par tous les moyens la manière de réduire cette insécurité. les gens meurent, quand même, on n’est pas des mouches!!!

  2. isika koa dia hafa kely. Manana angidina fa tsy manana mpanamory. Manana amiraly fa tsy manana flotte. Manana volamena fa bankiropotra. Manana taranaka fa tsy manana sekoly. Manana tantsaha mpamokatra nefa misy kere!

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