Education citoyenne, une solution durable pour Madagascar

Par Tomarielson Christian Espérant. L’une des lacunes qui fait que Madagascar reste un pays en voie de développement est le manque d’investissement dans l’éducation à la citoyenneté et l’engagement civique. Le civisme ne fait pas partie intégrante des priorités des dirigeants pour les jeunes au niveau des lycées  d’enseignement général et technique qui sont en âge de voter et d’agir tels de citoyens actifs et responsables. Le système ne s’implique pas assez à faire connaitre à ces derniers leurs droits et devoirs fondamentaux qui s’avèrent être des valeurs sociales transversales.

Les jeunes du programme « Jeunes Patriotes » qui misent sur l’éducation citoyenne

Bien que Madagascar soit un pays démocratique, le pays se classe parmi les derniers en matière de respect et d’application des principes et valeurs démocratiques : la liberté de presse, la répression des manifestations, l’absence de place pour s’exprimer constituent autant d’indices dans ce sens. Madagascar est classé 110ème sur 1721 pays démocratiques. La suppression de l’éducation civique dans les lycées entraîne l’incivisme des jeunes au quotidien : taux de participation faible aux élections, vandalismes des biens publics, non-respect des droits publics, désobéissance fiscale,… Les jeunes passent leurs 18 ans, sans même connaître leurs droits et responsabilités fondamentaux en tant que citoyens.

Depuis huit mois, le projet Generation Citizen Madagascar a lancé le programme « Jeunes Patriotes », qui est accès à des formations sur la démocratie, la citoyenneté et l’engagement civique à l’endroit des jeunes lycéens (Privé/Public). A travers ce programme, nous essayons de renforcer chez les jeunes Malgaches la perception des valeurs citoyennes, démocratiques à travers des montages de projets de plaidoyer communautaires au niveau scolaire. Sur les 100 lycéens qu’on a formés jusque-là, nous avons pertinemment appris que les jeunes Malgaches ont un malaise à s’exprimer sur les situations politiques et sociales classiques. Ils ont simplement du mal à faire part de leurs opinions personnelles en situations réelles ; tous simplement parce qu’on ne les a pas initié à la prise de paroles, de responsabilités et à la résolution des problèmes dès l’école. Mais en les donnant un coup de pocue et en donnant les outils nécessaires  pour leur épanouissement personnel, ces derniers parviennent à démontrer leurs potentialités.

Au bout de cinq semaines de formations-actions, les parents d’élèves témoignent souvent de changements majeurs auprès de leurs enfants et en sont fiers. Cela témoigne le fait qu’il n’en faut pas beaucoup pour changer les choses. « L’éducation reste l’une des armes les plus puissantes que l’on puisse utilisée pour changer le monde », comme l’a dit Nelson Mandela.

Nous sommes convaincus que chaque individu a son mot à dire et possède la potentialité de changer sa communauté à partir de la base. Aussi minime qu’il soit, le développement durable  commence par le développement personnel et local inclusif des jeunes et l’investissement dans l’éducation à la citoyenneté des jeunes qui peuvent à leur tour influencer ces aînés voir les parents. Mais faudrait-il toujours que la société civile se substitue à l’Etat afin de générer ces changements désirés?

1 http://knoema.com/atlas/Madagascar/democracy-index

 

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