Qu’est-ce qu’il y a derrière le terme « déchéance » ?

Par Dallyca Ken Rotsiniaina. Au jour d’aujourd’hui, Madagascar se trouve encore dans l’impasse, malgré la tenue des élections qui s’avèrent être l’ultime solution pour la sortie de crise de 2009. Après sept longues années plongées dans une crise, Madagascar replonge déjà dans une autre crise. En effet, une motion de déchéance a été votée par 121 députés au sein de l’Assemblée Nationale hier 26 Mai 2015. Cette déchéance a pour cause la violation grave de la constitution par le Président de la République. Ici, nous n’allons pas critiquer ni applaudir la décision prise par la majorité des parlementaires mais nous voulons juste analyser la suite logique de cette «mise en accusation».

A présent, toute l’attention se tourne vers la «Haute Cour Constitutionnelle», cette décision va-t-elle être acceptée ou bien le cas contraire. Dans un pays démocratique, la décision prise par la majorité ou suivant la constitution par les 2/3 des députés devrait être validée sans remise en question par la HCC. A condition que les accusations sont indéniables et conformes à la loi fondamentale Malgache. Ce qui n’est forcément pas le cas à Madagascar, un pays qui est encore instable politiquement. Malgré le fait de dire que la HCC est une administration indépendante, les doutes se planent sur l’indépendance de ses membres. L’opinion publique a peu d’espoir pour que la «motion de déchéance» soit validée par la HCC. Mais si ce serait le cas, le pays court vers une autre catastrophe avec certainement une cacophonie en haut lieu. Pour le cas contraire, c’est-à-dire, si la HCC ne validera pas la «déchéance» du Président de la République, l’hypothèse à envisager dans la première figure apparaîtra également. Ceci dit les deux organes que ce soit, l’organe exécutif ou l’organe législatif sont tous les deux affrontés à un grand problème: «handroso maty raibe, hiemotra maty renibe».
Prenons le premier cas : les députés sortent «vainqueurs» dans cette bataille. De ce fait, la direction du pays sera attribuée au Président du Senat. Au cas où absence de cette institution, le pays sera présidé par une direction collégiale du gouvernement. Une transition sera mise en place pour faire marcher la machine administrative avant la tenue de la prochaine élection. Dans le deuxième cas, le Président de la République à son tour procèdera à une destitution de l’Assemblée Nationale. Ce qui provoquera une implosion au sein de cette institution, vu que la majorité de ses membres ont voté pour son empêchement. Tout cela implique alors que ces deux hypothèses mèneront le pays vers une autre crise. A noter que nous sommes déjà dans une grave crise institutionnelle.
Tout cela explique que derrière le terme «déchéance» se trouve un autre terme dénommé «transition» qui abrite le mot «Crise».

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